Actualité : peu de gagnants, beaucoup de perdants

ParAdministrateur

Actualité : peu de gagnants, beaucoup de perdants

Difficile de louper ce petit événement tant les internautes européens y auront été exposés : le 25 mai dernier, le Règlement général sur la protection des données (RGPD) est entré en vigueur, et ce qui devait être une simple formalité légale s’est soudainement muté en véritable tsunami dans les boîtes e-mail.

En effet, dès le 25 mai au matin, des dizaines de millions d’e-mails ont été envoyés aux internautes pour les prévenir d’un changement dans les politiques de gestion de données personnelles de milliers de sites web que, pour la plupart, les gentils internautes en question avaient complètement oubliés.

Et ainsi, sans même savoir exactement ce que ce RGPD s’était fixé comme but, le premier résultat tangible fut un spamming assez historique de millions de boîtes e-mail partout dans le monde.

Ironie du sort : un des buts du RGPD était justement de trouver une parade contre le pourrissement de ces boîtes e-mail par le déversement régulier de ces pourriels (ou spam) par d’innombrables sociétés plus ou moins légitimes qui tentent de vous intéresser à leur sort avec une obstination presque comparable à ceux des services fiscaux lorsqu’il s’agit de recouvrement.

En substance, il s’agit d’un règlement européen (et non d’une directive, donc sans transposition et directement applicable à la date d’entrée en force) adopté par le Parlement et le Conseil européens le 27 avril 2016, qui définit un nouveau cadre européen pour le traitement et la circulation des données à caractère personnel. Son objectif est de mieux protéger les informations concernant les personnes physiques, d’éviter l’exploitation au détriment des internautes et d’harmoniser le droit européen en la matière. Concrètement, un internaute doit désormais savoir par qui et pourquoi ses données personnelles seront utilisées, combien de temps elles seront conservées et si elles quitteront l’Union européenne. À ceci s’ajoute la possibilité pour l’utilisateur de demander une copie de ces données, voire d’en demander l’effacement si le besoin s’en fait sentir (en vertu du droit à l’oubli).

On le comprend, ce règlement n’est pas réellement une simple formalité réglée en affichant un petit message générique en bannière d’un site : compte tenu des amendes possibles (jusqu’à 4% du chiffre d’affaires mondial du contrevenant), certaines entreprises vont devoir engager des frais notables pour la mise en conformité de leur site.

Tout ceci est bel et bon, mais alors que les premiers jours d’application de ce règlement sont passés, quelques effets délétères se font déjà voir.

Le plus important est, sans nul doute, la réduction de plus de 70% des dépenses de Google auprès de ses annonceurs qui ne seraient pas directement ses clients et dont il ne peut donc garantir qu’ils sont parfaitement en règle face au RGPD.

Source : https://www.contrepoints.org/

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